La cité radieuse

Blog October 18, 2013
photo: chameleon, source: wikimedia
photo : Del Leone Aiolia, source : wikimedia
Au premier contact, on se croirait sur une base interstellaire. L’espace n’a rien de commun : à chaque point de vue, on découvre des formes incongrues. Le complexe Ciutat de les Arts i de les Ciències  (Cité des arts et des sciences) est situé à Valence, sur la côte est de l’Espagne. Dessiné par l’architecte-ingénieur Santiago Calatrava, ce complexe récréotouristique s’étend sur plus de quatre millions de pieds carrés. Il contient huit immenses bâtiments thématiques, des aires de jeux, des restaurants et de nombreuses places publiques.
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Chaque édifice est inspiré par la nature, dont les plus étonnants : l’Hemisfèric en forme d’œil, le Musée des sciences en forme de squelette, et l’Oceanogràfic en forme de nénuphar. L’architecture est audacieuse, les formes semblent défier la gravité, les éléments en porte-à-faux rejettent toute logique rationnelle… Le bâtiment le plus emblématique est certainement le planétarium. En plus de diverses expositions, l'immense dôme abrite un cinéma IMAX à la fine pointe de la technologie. Entouré de bassins d'eau, l'édifice s'y reflète afin de compléter l’image représentant un œil. Plusieurs reconnaissent dans ce bâtiment grandiose, la réalisation la plus marquante de cet architecte valencien. Succès commercial pour cette région de l’Espagne, les visiteurs sont nombreux à y venir depuis son ouverture en novembre 2009. La Cité des arts et des sciences est désormais le deuxième site espagnol le plus visité par les touristes.
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photo : fernando bustamante, source : wikimedia
    Toutefois, comme tout projet important, celui-ci possède également son lot de détracteurs. Situé dans un pays où l’économie est sur le respirateur artificiel avec un taux de chômage atteignant les 50 % chez les jeunes, le complexe a vu son budget initial être multiplié par dix pour s'élever à 1,3 milliard d’euros. Beaucoup de critiques ont été dirigés contre l’architecte vedette qui n’en aurait fait qu’à sa tête, en faisant fi des contraintes budgétaires et en poussant l’audace jusqu’à facturer la maquette du complexe à plus de 1 200 000 euros. Partout où il passe, Calatrava attire les critiques négatives : poursuites judiciaires, dépassement de coûts à répétition, attitude de vedette, contrat abusif, etc. Une de ses plus récentes œuvres controversées, le pont de la Constitution à Venise, aurait couté quatre fois plus cher que prévu. De plus, sa structure présente des problèmes de stabilité et ses pentes sont trop abruptes pour permettre aux gens à mobilité réduite de l’utiliser, ce qui était pourtant un prérequis du financement octroyé par les autorités. Est-ce que tous les projets d’architecture d’importance doivent nécessairement attirer la critique négative? Notre expérience avec Roger Taillibert ici à Montréal semble le confirmer. Malgré tout, un fait demeure : quelles que soient les critiques, le grand projet de la Cité des arts et des sciences ne laisse personne indifférent.
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