• Date

    25 mai 2019

Le nom « Sandstone City » (ville de grès) vous dit quelque chose ? Pendant longtemps, Calgary a été nommée d’après les quantités prolifiques de grès produites par ses carrières. On trouve ces pierres dans toute la ville, notamment dans l’hôtel de ville historique et dans un certain nombre de bâtiments emblématiques du centre-ville.

Dans le cadre d’un partage de connaissances à l’échelle de la ville sur la maçonnerie et l’architecture axée sur la conservation du patrimoine, l’équipe d’architecture patrimoniale de Lemay + Toker a récemment participé à un atelier pratique de maçonnerie organisé par sa collègue Patricia Glanville, architecte du patrimoine. Mark Chambers, Jurgen Hartloper, Ellen Odegaard et Chris Zahaluk, de Lemay + Toker, étaient présents pour approfondir leur compréhension de l’un des éléments les plus importants de l’architecture du patrimoine.

Ellen Odegaard, qui s’identifie elle-même comme une geek de la brique, considère que l’atelier a souligné l’importance d’apporter un soin et une attention appropriés lors de la réhabilitation des bâtiments en brique. « Une grande partie du travail de réhabilitation que nous faisons localement porte sur des bâtiments en briques, principalement parce qu’elles étaient si durables et couramment utilisées. C’est pour cette raison que nous n’avons plus beaucoup de bâtiments patrimoniaux en bois », explique-t-elle.

« Presque tous les matériaux à l’époque provenaient de la région et il est très difficile de trouver des alternatives pour eux aujourd’hui. Le grès de Paskapoo dont sont faits de nombreux anciens bâtiments de Calgary a disparu – il a été extrait ou est inaccessible ». Il faut donc faire preuve de créativité pour trouver des matériaux adaptés aux projets patrimoniaux, ce qui nécessite parfois de s’approvisionner en Pologne ou en Espagne.

Mark Chambers et son équipe ont été invités à faire une visite guidée d’études de cas historiques de maçonnerie dans la ville, notamment l’école Haultain – l’une des plus anciennes structures de grès existantes à Calgary. Ils ont assisté à l’érection d’une arche classique en brique, assemblée à l’aide d’un mortier de chaux préparé sur place. Cette arche est également un exemple de géométrie et de ses applications pour rendre les structures en brique à la fois belles et fonctionnelles.

Ce partage des méthodes classiques de construction et de rénovation a servi à la fois à rappeler le chemin parcouru par ces techniques et l’importance de la préservation des artefacts et des méthodes historiques.

« C’est particulièrement pertinent aujourd’hui, car nous avons de plus en plus de projets nécessitant la conservation du patrimoine. La préservation de l’aspect et de l’atmosphère des bâtiments historiques nécessite des essais approfondis, et ces essais sont souvent destructeurs. Il est important d’en tenir compte lorsque l’on entreprend des projets de ce type », ajoute Odegaard.

En tant que coordinateur de l’architecture patrimoniale de Lemay + Toker, Chris Zahaluk s’est attaqué à plusieurs projets de conservation et de préservation. Il est heureux de constater que les Calgariens de tous azimuts s’impliquent de plus en plus dans la protection de leur histoire et le partage des connaissances spécialisées.

« C’était intéressant de voir les différentes disciplines présentes – il y avait des propriétaires de bâtiments, des amateurs, des entrepreneurs et des artisans, des collègues architectes… Ce type d’expertise n’est pas toujours facilement disponible, donc c’est agréable de voir les gens prendre les choses en main », explique-t-il.

« Les gens se rendent compte qu’ils doivent continuer à prendre soin de leurs bâtiments et de leur quartier. Il y a une évolution vers un entretien plus régulier et une attention accrue à la préservation, mais aussi vers des projets de réhabilitation à plus grande échelle intégrant ou soutenant un usage contemporain ».

Zahaluk poursuit en expliquant l’importance de comprendre ce qui se passe dans le paysage architectural de Calgary. Comprendre le contexte dans lequel les techniques sont utilisées, les outils et les solutions dont on dispose, découvrir de nouveaux projets potentiels et achevés, tout cela contribue à de nouvelles approches pour préserver l’histoire et l’ouvrir sur l’avenir.