- 8 juin 2026
La transition vers des bâtiments plus sobres en carbone est déjà bien engagée dans le secteur de la construction. Elle s’active par plusieurs leviers complémentaires : amélioration de la performance énergétique, innovation des systèmes, optimisation des projets et évolution des matériaux.
Dans cette dynamique, une dimension prend de plus en plus d’importance : le carbone intrinsèque, soit les émissions associées aux matériaux et à leur mise en œuvre.
L’initiative Construction bas carbone avec le bois (CBCB), dont nous sommes signataire, s’inscrit dans cet effort collectif en soutenant une meilleure prise en compte du carbone intrinsèque dès les premières étapes de conception.
Mieux comprendre le carbone des bâtiments
Généré lors de la production, du transport et de l’assemblage des matériaux, le carbone intrinsèque représente une part importante de l’empreinte globale des bâtiments. Il est donc essentiel d’en tenir compte, en plus du carbone opérationnel généré au fil des ans, pour une lecture du cycle de vie complet des projets.
L’enjeu aujourd’hui est de mieux intégrer cette dimension dans les processus de conception, au même titre que les autres paramètres de performance.

Comparer les solutions pour mieux réduire le carbone intrinsèque des projets
L’évolution des pratiques de conception amène à considérer davantage de paramètres dès les premières phases d’un projet. Le carbone devient ainsi un critère supplémentaire dans la comparaison des scénarios, aux côtés des enjeux fonctionnels, techniques et économiques. Cette approche permet de mieux évaluer les impacts associés aux choix de systèmes et de matériaux et guide vers des décisions reposant sur une vision plus complète.
Parmi les solutions intéressantes pour réduire le carbone intrinsèque, plusieurs familles de matériaux et de systèmes peuvent être mobilisées, notamment le bois, les matériaux biosourcés (comme la paille ou le chanvre), les matériaux recyclés ou réemployés, ainsi que certaines solutions minérales optimisées (bétons bas carbone, formulations réduites en clinker, etc.). L’optimisation des systèmes constructifs et le réemploi de composants existants constituent également des leviers importants.
Parmi ces approches, le bois présente un bon potentiel, notamment grâce à sa capacité de stockage du carbone et à son utilisation possible en substitution à des matériaux plus émissifs. Pour optimiser son apport, son intégration doit être évaluée en fonction du contexte, des contraintes techniques et des objectifs de performance du projet.
Une démarche collective
La transition vers des bâtiments plus sobres en carbone repose sur une dynamique collective. Elle implique conceptrices et concepteurs, ingénieures et ingénieurs, fabricantes et fabricants, chercheuses et chercheurs, ainsi que les organismes du secteur, qui contribuent ensemble à faire évoluer les pratiques et les connaissances.
Dans ce contexte, l’initiative CBCB joue un rôle structurant en fédérant les actrices et acteurs autour du carbone intrinsèque et de la contribution du bois à la décarbonation du secteur. Elle favorise le partage de connaissances et l’intégration plus systématique du carbone dès les premières phases de conception.
