- 18 août 2026
Repenser une infrastructure vieillissante, c'est ouvrir une fenêtre rare: celle de faire bien plus que remplacer ce qui existe déjà.
Un pont, un boulevard, un réseau d’égouts ou une station de transport ne se reconstruisent pas tous les dix ans. Lorsqu’on ouvre le sol pour refaire une infrastructure, on ouvre aussi une fenêtre qui ne se représentera peut-être pas avant 50 ou 75 ans. La vraie question n’est donc pas seulement de savoir comment remplacer ce qui vieillit, mais quoi accomplir de plus avec le même investissement.
Les villes affrontent aujourd’hui plusieurs défis à la fois; résilience climatique, l’accès au logement et le transport durable sont parmi les plus pressants. Un ouvrage qui ne répond qu’à un seul de ces enjeux, voire à aucun, laisse sur la table une part importante de sa valeur. D’où l’idée de tirer plusieurs bénéfices d’un même chantier. Plutôt que de reconstruire à l’identique, on conçoit l’infrastructure pour qu’elle porte plusieurs missions en parallèle.
L’infrastructure cesse alors d’être un objet purement fonctionnel, pour devenir un morceau de ville qui bénéficie de multiples façons à la communauté. Une réfection peut devenir l’occasion d’ajouter du logement, de rapprocher les services des résidents et résidentes, et de recréer des lieux animés là où il n’y avait qu’une barrière. La résilience climatique peut aussi augmenter significativement quand des projets variés l’intègrent à leur programme, comme lorsqu’un bassin de rétention se double d’un parc inondable qui absorbe les pluies intenses, ou qu’une rue reconstruite accueille des aménagements verts qui ralentissent l’acheminement des eaux de pluie vers les égouts, rafraîchissent les îlots de chaleur et soutiennent la biodiversité.
Les grandes infrastructures deviennent ainsi des catalyseurs de santé urbaine. Et générer autant de bénéfices à budget constant reste possible, à une condition : réunir, dès le départ, des expertises variées autour de la table. C’est le principe de la conception intégrée, de penser les solutions d’emblée plutôt que les ajouter après coup. La question devient dès lors : quelle ville nous voulons bâtir, à travers nos grands projets d’infrastructure?
Cette réflexion est tirée de la première édition de notre infolettre, « Tisser la ville de demain ». Pour poursuivre la conversation et recevoir les prochaines éditions, inscrivez-vous ici : https://mailchi.mp/lemay/inscription