• 13 mai 2021

La place des Montréalaises est l’exemple parfait d’une démarche collaborative qui réunit l’architecture, l’architecture de paysage et l’art – pour créer un concept durable et viable. En collaboration avec le chef de la conception, Andrew King, la directrice de conception Patricia Lussier et l’artiste Angela Silver, ce projet véritablement transdisciplinaire propose un canevas multifonctionnel à tous les Montréalais.

Le site

Situé au-dessus d’une autoroute en tranchée qui a longtemps séparé le Vieux-Montréal du centre-ville, le projet répare une cicatrice dans le paysage urbain avec son plan incliné qui reconnecte les deux quartiers. Cette pièce architecturale suspendue devient un pré fleuri de vingt et une espèces végétales indigènes distinctes qui fleuriront de façon séquentielle au fil des saisons, chacune représentant une Montréalaise de grande influence. En réunissant le haut et le bas de la ville , la place des Montréalaises réparera soigneusement le tissu urbain, chaque détail traduisant un contexte et un message uniques.

La scène

La conception de l’architecture de paysage fait honneur au concept global du site en offrant un bouquet aux femmes de Montréal. Alors que le pré fleuri rosé évolue dans le temps, sa beauté est mise en valeur et encadrée par un avant-plan naturel aux tons de vert et de blanc. L’évolution de la végétation évoque symboliquement le passé, le présent et l’avenir de la métropole. Conçu avec soin pour favoriser à la fois la biodiversité et la foresterie urbaine, le site contribue à la vitalité de la ville.

Approches novatrices et apprentissages

De nouveaux paradigmes ont été adoptés dans le processus de conception, ce qui a permis de créer un espace public innovant et en grande partie auto-entretenu.

  • Les limites ont été repoussées en matière de supervision et d’entretien des sites grâce à l’utilisation de nouvelles technologies et de stratégies de création de forêts urbaines.
  • Des variantes d’espèces végétales ont été envisagées, remplaçant l’approche monospécifique traditionnelle pour accroître la biodiversité.
  • Des discussions sur le sol, les micro-organismes et les lits de plantation ont contribué à préserver l’intégrité du concept dans le temps.
  • Établi selon une grille, le système paysager complexe est aussi fonctionnel qu’esthétique, récupérant l’eau de pluie pour irriguer le pré et la forêt.

L’équipe a été incitée à approfondir ses approches et ses connaissances pour ce projet précis. Le résultat est une conception vivante minutieusement exécutée qui sera non seulement auto-entretenue, mais qui fera également avancer l’architecture de paysage.

L’approche méticuleuse de l’architecture de paysage pour la place des Montréalaises représente un pas dans la bonne direction vers la création d’espaces plus résilients et durables. Le projet lui-même suscitera d’importantes conversations au sein de la pratique autour de la collaboration multidisciplinaire de même que de la création de forêts urbaines, de communautés végétales, de micro-organismes et de sites auto-entretenus. En regardant vers l’avenir, nous encourageons d’autres intervenants, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la profession, à repousser les limites de la conception des espaces publics dans nos villes afin de mieux nous servir et, par conséquent, de mieux servir la planète.

Cliquez ici pour lire l’article de Patricia Lussier intitulé Concevoir des lieux durables : un effort collectif – un texte qui explore comment la collaboration, les nouvelles technologies et les nouvelles approches peuvent faire avancer l’architecture de paysage afin de favoriser la création de concepts durables.